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La Clinique d'Alençon a ouvert une unité pour les patients post-covid

Depuis le début de la pandémie, la Clinique d’Alençon (Orne) met son personnel et ses équipements à disposition, comme l'explique Pierre-François Bérard, directeur.


Mise à disposition de personnels, de matériels, prise en charge de patients en provenance d’autres établissements de santé, ouverture d’une unité spécialisée post-Covid en SSR (soins de suite et de réadaptation) etc. La Clinique d’Alençon (Orne) lutte de toutes ses forces contre ce nouveau coronavirus qui a déjà tué 22 856 personnes en France (en date du dimanche 26 avril).

Toutes les équipes sollicitées

« Nos soignants ne ménagent pas leurs efforts », insiste Pierre-François Bérard, directeur, contacté vendredi 24 avril. « Et je tiens à les saluer pour cela ».

Depuis la mise en place du Plan Blanc (au 6 mars), toutes les activités chirurgicales non urgentes ont été stoppées. Les blocs opératoires ont réduit (voire suspendu) leur activité. Les services de chirurgie et ambulatoire de la clinique ont fermé. « Nous avions donc de la place pour accueillir des patients ».

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C’est ainsi que la clinique a ouvert ses portes au service SSR personnes âgées et gériatrie du Chicam d’Alençon.

 Cela représente une vingtaine de patients, pris en charge par nos soignants. Ceux en poste en chirurgie, qui n’ont plus d’activité, prêtent main-forte… Toutes les équipes sont sollicitées et tout le monde joue le jeu ».

Une vingtaine d’autres patients, en provenance de services polyvalents, ont également été transférés à la Clinique.

 Il s’agit d’aider le Chicam. Libérer de la place Afin qu’il puisse accueillir et soigner les patients Covid ».

Les échanges se font dans les deux sens : une aide-soignante du Chicam est venue à la Clinique pour la prise en charge de ces patients « et nous avons mis en place une convention pour la mise à disposition d’un médecin spécialisé en gériatrie si besoin ».

Des patients testés positifs Le directeur de la Clinique reconnaît que plusieurs des patients transférés (service polyvalent ou gériatrie) depuis le centre hospitalier se sont révélés positifs au Covid-19, « peut-être 10 % » sans donner le chiffre exact. « Dès les premiers symptômes, on teste le patient et il retourne au Chicam pour y être soigné ». Quant aux nouveaux patients, « depuis un mois, une mise en quatorzaine dans la chambre est obligatoire ». Des soignants ont également été contaminés par ce coronavirus. « On commence à avoir quelques cas. Mais on ne sait pas si la contamination est interne ou externe. Cela représente moins de 3 % de notre personnel ».

Des patients sortis de réanimation

Depuis le début du mois d’avril, une unité post-covid SSR a été ouverte.

«Nous disposons d’une unité de soins de suite et de réadaptation spécialisée, en réhabilitation respiratoire. J’ai été sollicité car nous disposons d’un plateau technique qui peut accueillir les patients sortis de réanimation. Ces derniers ne sont plus considérés comme des patients Covid. Ils ne sont plus positifs, ne sont plus contaminants ».

Vendredi 24 avril, deux patients étaient ainsi pris en charge dans cette nouvelle unité qui compte six lits.

 Mais cela va aller crescendo », assure le directeur. « Le pic est passé, les patients quittent les services de réanimation mais il faut encore les prendre en charge. »

De plus, « pour la Basse-Normandie, il n’y a qu’un autre centre habilité, à Granville ».


Prêt de sept respirateurs

La Clinique a également prêté à l’hôpital sept respirateurs.

 L’ARS de la région parisienne a fait part d’un besoin de personnels. Une de nos infirmières du bloc opératoire a répondu favorablement aussitôt. Cette mère de famille a rejoint l’hôpital Saint-Antoine dans l’est-parisien, estimant qu’elle devait être là où on avait le plus besoin d’elle. »

Deux infirmiers-anesthésistes volontaires sont venus soutenir leurs collègues du Chicam pendant un mois.

 Nos relations avec le Chicam étaient bonnes mais dans cette lutte contre la pandémie, des ponts se sont créés, des partenariats. Ainsi, notre pneumologue a pris des attaches, des contacts à l’hôpital. On peut espérer qu’il y aura un après. Dans l’intérêt toujours du patient, de fluidifier son parcours ».

Réouverture des consultations Depuis vendredi 24 avril, la Clinique a rouvert ses consultations et des plages opératoires. « On prend désormais des rendez-vous avec l’espoir retrouver une activité à la mi-mai. » La vie doit reprendre « car elle s’est arrêtée » regrette le directeur. « Beaucoup de personnes ont suspendu leurs soins, par peur d’aller à l’hôpital. Ils ne sont pas venus voir leur médecin, ont reporté leurs visites régulières de sécurité… Et cela va être catastrophique ! Malgré l’apparition de symptômes, des personnes ont peut-être préféré attendre. » Mais la Clinique ne va pas reprendre son activité sans concertation avec les autres acteurs du territoire. « On se tient au courant sur les modalités de reprise des interventions ». Pierre-François Bérard craint plus que tout une baisse de la vigilance de la part de la population face au Covid-19. « Les gestes barrière devront sans doute êtres respectés pendant plusieurs mois, un an peut-être. Les équipes soignantes devront rester en alerte pendant très longtemps ».


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